Témoignages et anecdotes

Un intrus à l’abbaye

En 2013, Antoinette et Didier ont décidé de passer quelques jours à l’abbaye Notre-Dame de Cîteaux pour se ressourcer. La communauté nous a merveilleusement accueillis et ma présence en qualité de chien d’assistance n’a posé aucune difficulté au frère hôtelier. Nous étions les bienvenus ! Que cela fait plaisir à entendre !

Pour vivre intensément cette retraite spirituelle, Didier s’est levé à 3h30 pour assister à l’office des Vigiles qui dure environ une heure. C’était à une époque, où Didier ne voyait plus rien en fin de journée et donc ma présence à ses côtés était nécessaire pour lui éviter les embûches entre notre chambre et l’église. Pour que ma présence soit la plus discrète possible, nous nous sommes installés au fond de l’église. Bercé par la psalmodie des moines, je n’ai pas tardé à m’assoupir. Mes journées sont déjà bien remplies, alors à 4 h du matin, moi, je suis fatigué. Mais quand j’ai mon harnais, je ne peux pas dormir sur mes deux oreilles.

L’église de Cîteaux est d’une architecture moderne avec, à l’arrière, deux grandes baies vitrées qui descendent jusqu’au niveau du sol, ce qui me permet d’avoir un œil sur le chemin d’accès à l’église, éclairé par quelques balises lumineuses.

Soudain, j’ai vu surgir une bête.

Énorme.

Elle se rapprochait dangereusement de l’église.

Quand elle n’était plus qu’à deux mètres j’ai prévenu Didier du danger imminent par un Wouaf d’urgence. Au lieu de me remercier, j’ai vu Didier me faire une tête ultra sévère et tirer sur mon harnais pour m’ordonner de me taire immédiatement.

Les yeux des moines se sont détournés un instant de leur livret de chants et moi j’aurais bien aimé disparaître sous terre. Mais je vous assure, il y avait une grosse bête qui s’approchait de mon maître. Je n’ai fait que mon métier.

L’effarement n’a duré qu’une seconde et les moines ont continué leur office. En regardant une nouvelle fois à travers la baie vitrée, je constate que la bête n’était que l’ombre démultipliée d’un chat qui se promenait devant la borne d’éclairage.

Au petit déjeuner, Didier et moi nous rasions les murs...

On n’était pas fier.

Didier avait tellement vanté ma parfaite éducation au frère hôtelier.

Mais la bienveillance des moines n’est pas une légende. Chacun nous salue et prend de nos nouvelles sans jamais évoquer l’incident nocturne.

Cette première expérience de séjour monastique fut une révélation pour mon maître. Un espace clos et protégé, de la bienveillance et de la prière intense, lui ont fait un bien immense. Je le ressentais sans aucun doute possible au bout de la laisse. À Cîteaux, comme plus tard à Lérins ou au Rivet, Didier s’ouvre pleinement à la rencontre avec Dieu et avec les autres. Mon maître est alors radieux et j’aime ça.

Ce sera lors d’un prochain séjour à Cîteaux qu’aura lieu ma rencontre avec Amedeo dont vous pouvez lire le témoignage ici.

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