Le fabuleux destin de Gotan du Lavoir des Marais !

Mes premiers pas

Je m’appelle Gotan du Lavoir des Marais, je suis un Berger des Pyrénées mâle. J’ai vu le jour le samedi 26 novembre 2011 à Auvers-Saint-Georges dans l’Essonne. Tout comme mes trois sœurs, j’ai fait la joie de mon papa Voltaire du Lavoir des Marais et de ma maman Cybelle de l’Opale Fleurie. Je suis à droite sur la photo ci-dessus.

Le dimanche 22 janvier 2012, après avoir été apprêté par maman qui m’a entièrement léché comme si elle devinait la suite, j’ai dû quitter ma tribu. Après un voyage en voiture de plus de quatre heures blotti dans les mains de Didier et une pause dans un fast food américain, j’ai découvert ma nouvelle maison. J’ai pleuré chaque nuit durant presque une semaine, car mes proches me manquaient. J’avais aussi compris qu’en me manifestant de la sorte, j’étais systématiquement câliné et j’en ai un peu abusé, je peux bien l’avouer à présent.

Deux semaines plus tard, j’ai intégré l’école du chiot à raison de trois heures par semaine. Je me suis souvent heurté au caractère déjà très affirmé de certains de mes congénères souvent plus âgés et pas très recommandables. J’ai toujours fui le conflit et je me sentais en parfaite sécurité lorsqu’Antoinette et Didier m’accompagnaient durant ces heures de socialisation. Je me rappelle avoir rencontré énormément d’humains et je les croyais tous comme faisant partie de mon espèce. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que les gens se comportent de manière très différente des « vrais » chiens, et j’ai dû m’habituer à les comprendre.

À l’école du chiot, lorsque l’éducateur me demandait ce que je voulais faire comme métier, je lui avais répondu : pompier sauveteur. Cinq années plus tard, mon rêve est devenu réalité …

Après avoir appris les règles de la « politesse canine » plutôt complexes, j’ai obtenu mon « certificat de sociabilité et d’aptitude à l’utilisation » le samedi 26 janvier 2013.

Ma formation professionnelle

Après la maternelle, me voici à l’école des chiens d’assistance. Comme la pathologie neurodégénérative de type Alzheimer est une maladie dite orpheline, il n’existe aucun centre de formation adaptée ni aucune association qui peut m’apporter une aide pour ma formation professionnelle. Aussi j’ai du faire appel à différents éducateurs canins pour m’offrir une formation personnalisée.

Dans un premier temps, j’ai appris les bases d’un chien guide pour une personne aveugle ou malvoyante. En effet, Didier ne perçoit plus son environnement en trois dimensions et en cas de stress, il perd même complètement la vue. En ville, je lui indique tous les changements de niveaux, tels que les escaliers, les poteaux signalétiques, les trottoirs, les crottes de mes congénères, etc. Durant nos balades champêtres, je lui évite les obstacles naturels : les pierres, les souches, les dénivelés, les flaques d’eau ou de boue (je n’ai aucun mérite pour cette tâche, car j’ai horreur de l’eau). Depuis que je m’occupe de lui, il ne se sert plus du tout de sa canne blanche.

Le deuxième éducateur m’a appris à faire attention à l’environnement et à la notion de groupe. Je signale à Didier s’il perd un objet ou je l’aide à retrouver un objet usuel égaré. S’il ne perçoit plus les sons, je lui signale toute personne qui s’approche et pourrait l’effrayer faute de l’avoir entendu arriver. Pour ce faire, j’ai travaillé un aboiement très particulier qu’il perçoit sous forme de vibration dans son ventre. Lors de nos sorties, je m’attelle à regrouper systématiquement toutes les personnes de notre groupe afin que Didier soit toujours entouré des personnes qu’il connaît et qui le rassurent.

Le dernier point de mon éducation concerne l’orientation et le retour à un point de sécurité. Si Didier perd le sens de l’orientation, je suis capable de le ramener à la maison, à la voiture ou à un lieu stratégique défini par avance (mairie, pompier, taxi, bus, etc.). Pour ce faire, je suis le seul chien d’assistance à oser uriner à chaque intersection pour marquer mon parcours et rebrousser chemin en cas de besoin. Il lui suffit de s’accrocher à la laisse et je le ramène à bon port en lui évitant tous les obstacles.

Une anecdote : au printemps dernier, nous sommes allés promener en forêt avec Véronique, l’aide-soignante de Didier. Tous les trois nous savons que pour Didier, une marche rapide est primordiale pour son confort de vie, car elle permet une meilleure oxygénation de ces neurones. Nous voilà donc partis et du haut de son mètre quatre-vingt-sept Didier et moi nous avons rapidement distancé Véronique, bien plus petite. Je vous laisse imaginer la distance qui nous séparait après vingt minutes de marche forcée. Comme je ne la voyais plus, je commençais sérieusement à m’inquiéter, mais comment me faire comprendre ? De plus voilà que le chemin se sépare en deux et Didier a complètement oublié l’absence de Véronique. Que faire, il y a urgence ? À l’intersection, je me suis simplement assis sur mon postérieur et je n’ai plus bougé d’un poil. J’ai ignoré toutes les invectives et les ordres de Didier jusqu’à l’arrivée de Véronique qui n’en croyait pas ses yeux, mais dont j’ai senti la satisfaction de nous avoir retrouvés. Elle m’a largement félicité pour mon sens de l’initiative et ma détermination. J’ai appelé cette procédure « la technique du bourricot ».

Si vous désirez en savoir davantage sur ma formation et mon parcours, je suis tout disposé à partager mon expérience. Il vous suffit de me contacter.