Le fabuleux destin de Gotan du Lavoir des Marais !

Parler avec un humain : vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre !

Parler à son chien est un comportement très courant chacun le sait. En effet, qui n’a jamais entendu une mamie s’adresser à son toutou ? Ou surprendre une conversation discrète entre un homme et son compagnon canin. Mais nous autres les chiens, comment nous faire comprendre ? L’homme et l’animal ne s’expriment pas de la même façon. Le langage parlé nous est totalement étranger et c’est avec mon corps que je communique le plus. Je sais aboyer, bouger mes oreilles, remuer ma queue, faire des léchouilles, me rouler sur le dos, fixer du regard, etc.

Rien qu’avec ma voix, je peux émettre des vocalises, mais aussi des grognements qui seront différents en fonction de mon émotion. Si j’ai peur, je vais grogner, voire aboyer sur un ton menaçant grave et intense ; à l’inverse, si je veux jouer, mes aboiements auront un son plus aigu et leur cadence sera différente.

Les humains sont les seuls à avoir la parole pour communiquer « verbalement  ». Chez nous autres, la communication passe par les postures, les attitudes et les mimiques.

Pour rendre mon expression vocale plus claire ou tout simplement pour m’exprimer sans bruit, j’adopte toujours en fonction de mon émotion, une attitude corporelle donnée. Pour cela, j’utilise mon corps, à savoir :

  •  Ma queue  : c’est un élément très important de la communication. En effet, c’est sous ma queue que se trouvent les glandes annales, lesquelles diffusent ma « carte d’identité » et mon état émotif. Le premier indice concernant ma queue est la cadence du battement : si elle bat vite, l’individu qui se trouve en face sait à qui il a à faire en sniffant mon odeur ; si, en revanche, elle reste immobile, cela signifie que je ne veux pas que mon émotion soit trahie.

  •  Ma tête : mes mimiques faciales sont souvent celles que vous voyez le plus, sans pour autant savoir ce qu’elles signifient. Or, elles sont aussi importantes que les autres éléments de communication. Tout comme vous, j’exprime mes intentions avec mes yeux. J’utilise à merveille mon « regard de chien battu » pour obtenir ce que je veux, il est irrésistible ! Après la queue, c’est avec mes oreilles, en fonction de leur position, que je montre que j’ai peur ou que je suis intéressé ou menacé. Mais pour vous autres, c’est avec ma gueule que vous comprenez souvent le mieux la menace, lorsque je vous montre mes crocs !

En plus de la tête et de la queue, par mon attitude générale , je sais me faire comprendre : poils dressés ou non, coucher ou au contraire me grandissant pour prendre plus d’espace :

  •  Attitude de menace : je me grandis et je prends un maximum d’espace pour montrer mon assurance : queue droite et haute, poils dressés de la nuque à la queue, oreilles dressées vers l’avant, crocs dehors.

  •  Attitude ambivalente : la peur et la menace : d’un côté, je montre ma menace avec les crocs dehors, mais parallèlement j’exprime ma peur : oreilles en arrière, queue qui s’abaisse jusqu’à disparaître sous mon ventre.

  •  Attitude d’appel au jeu : je frétille de la queue, j’abaisse les antérieurs, je dresse les oreilles, regard vif et, le cas échéant, aboiements pour entraîner l’autre à jouer avec moi.

  •  Attitude de soumission totale : je me couche pour prendre le moins d’espace possible, voire je me mets sur le dos, oreilles en arrière, regard détourné, queue sous le ventre et parfois je me fais pipi dessus pour montrer à l’autre combien j’accepte sa position de dominant.

Par l’observation, j’ai appris à décrypter les intentions dans les intonations de Didier, le ton de sa voix, la longueur de ses phrases et par la suite dans les différents ordres qui correspondent chacun à une action bien précise : « Gotan au pied » « Gotan assis » « Gotan tu peux » « Gotan fouille » et plus d’une quarantaine d’autres. En parallèle, les éducateurs ont appris à Didier à comprendre mes différents types d’aboiements, l’ouverture de mes yeux, les positions de ma queue et de mes oreilles. C’est là toute la magie d’une relation, humaine comme animale : chacun doit apprendre à sortir de sa zone de confort pour apprendre de l’autre, c’est un voyage absolument fabuleux.

Quand Didier me parle, j’ai l’habitude de scruter ses yeux comme pour lire dans son âme pour mieux le comprendre. Dans chacune de ses paroles, j’essaye de saisir un mot ou une intonation que je connais déjà. Avec l’expérience, j’arrive à suivre des conversations entières en bougeant ma tête de droite à gauche, d’un interlocuteur à l’autre sans me lasser. Je dresse mes oreilles lorsque j’intercepte un mot familier dans la conversation. C’est sûrement drôle à voir, charmant même. Mais pour moi, c’est un vrai plaisir et je préfère m’occuper à vous écouter plutôt que de rester à somnoler dans mon panier. J’entends assez fréquemment « il ne leur manque que la parole » d’après vous est-ce vraiment nécessaire ?

Je suis extrêmement sensible aux énergies que les humains dégagent. Je les perçois instantanément et je m’en imprègne. Si Didier est exténué et en colère, je le perçois de la même manière que s’il est joyeux et plein d’enthousiasme. Quoi qu’il en soit, je suis toujours profondément affecté par ce que je perçois. Par exemple s’il est soucieux je viendrai spontanément me coller contre lui pour le rassurer. S’il est d’humeur joyeuse, il y a de fortes chances pour que j’en profite pour lui proposer de jouer à la balle en posant mes pattes avant à terre et en relevant mon arrière-train.

Ainsi, toute l’énergie que Didier libère inconsciemment quand il me parle influence mon comportement. Or, les mots qu’il prononce sont chacun porteurs d’une vibration particulière. Un « je t’aime » ne dégage pas la même énergie qu’un « tu n’es pas gentil » et cela, je le perçois. C’est l’énergie libérée par les paroles que j’intercepte. Ce n’est donc pas la phrase en elle-même que je comprends, mais c’est l’énergie que je vais percevoir dans la phrase qui me « parle ».

Si Didier me dit « merdum cacatum j’ai perdu la télécommande, impossible d’ouvrir le garage ! ». Je vais parfaitement comprendre l’urgence de la situation et son inquiétude. Je connais le mot « télécommande » et de ce fait je vais immédiatement prendre mes pattes à mon cou et partir à sa recherche. En réalité, je ne décode pas la phrase mot à mot comme le feraient les humains pour comprendre une langue étrangère. Je fonctionne uniquement par association en me basant sur la vibration ressentie. C’est pour cela qu’il est inutile de chercher à me mentir. Si quelqu’un qui a peur des chiens me dit « je n’ai pas du tout peur des chiens » pour se donner du courage alors que la réalité est toute autre, j’accorderai uniquement de l’importance à l’émotion que je perçois, et dans le cas présent il est parfaitement clair qu’il a le trouillomètre à zéro !

Je suis très intuitif et c’est ma façon de décoder tout langage et c’est en fin de compte un grand avantage, car l’intuition est universelle. Elle peut décoder le suédois en passant par l’allemand et le français. L’émotion n’a pas de nationalité.

Je suis un véritable baromètre à humeur, un catalyseur d’émotions et à chaque instant je sonde le cœur de Didier. Par mon comportement, je donne à chacun la fabuleuse opportunité de se rendre honnête envers soi même, authentique et aimant.

Si vous désirez en savoir davantage sur mes ressentis, je suis tout disposé à partager mon expérience avec ceux qui le souhaitent. Il vous suffit de me contacter.