Le Berger des Pyrénées

Présentation

Dynamiques et d’une grande robustesse, mes grands-parents étaient utilisés à l’origine pour la conduite des troupeaux surtout d’ovins en complément du « Montagne des Pyrénées » ou « Patou » chargé quant à lui de la protection du cheptel.

Avec ma jolie frimousse et mon pelage en coup de vent je suis tout sauf un chien de salon. Pourvu d’un tempérament tonique et énergique, je suis d’une « rudesse » de montagnard. De mes aïeux, j’ai hérité leur côté rustique, infatigable et opiniâtre. Je suis né pour me rendre utile. Ma vitalité à fleur de peau a besoin de s’extérioriser. Pour canaliser mon influx nerveux, je reste en permanence sur le qui-vive. À la maison, je suis un véritable concierge, rien ne m’échappe ! En balade, je suis infatigable et je ne cesse de courir autour de mon troupeau familial.

Historique

Bien que d’origines anciennes, ma race est quasiment inexistante et inconnue en dehors des vallées pyrénéennes dont je suis originaire. De tous les bergers français, je dois être le plus ancien. On suppose que mes origines et mon histoire sont la même que celles des autres chiens de berger européens, descendants des chiens asiatiques.

C’est véritablement à la guerre de 14-18 que ma race doit ses débuts de notoriété. Recrutés à partir de 1916 par le service des chiens de guerre pour nos qualités olfactives, nous étions utilisés comme guetteur ou agent de liaison (estafette). C’est dans cette dernière utilisation que nous excellions. Notre tâche consistait à franchir rapidement les lignes coûte que coûte pour transmettre les messages en évitant les troupes adverses. J. Dhers écrira : « en ma qualité d’ancien officier-dresseur du service des chiens de guerre, il est de mon devoir de proclamer hautement que c’est la race du petit Berger des Pyrénées qui a fourni à l’armée les chiens de liaison les plus intelligents ». Durant la Grande Guerre, nous accomplissions des prouesses, on peut citer la note rédigée dans le carnet de la chienne Pastou : « Une compagnie d’infanterie attaquée par des forces très supérieures allait être encerclée. Un triple tir de barrage empêchait toute retraite. À trois reprises, le commandant de la compagnie avait détaché trois coureurs qui furent successivement tués. Il envoya au chef de bataillon la chienne porteuse d’un message indiquant la situation critique de la compagnie. Pastou mit 11 minutes pour accomplir le parcours de 3 kilomètres. À son arrivée au P.C., le chef de bataillon envoya immédiatement un renfort, et les 48 hommes qui constituaient le reste de l’effectif de la compagnie purent être dégagés ».

Notre implication totale comme agent de liaison pour l’armée française à travers les montagnes nous a valu le surnom de : « chien qui a vu Dieu ».

Lorsque la paix revint, il restait hélas, bien peu de représentants de notre race. Le conflit mondial a contribué à nous révéler auprès du public. C’est peut-être en souvenir des services rendus que notre race fut enfin présentée à une exposition canine en 1921.

Comportement et caractère

Toujours en mouvement, je suis espiègle et malicieux. Je sais allier la ruse, l’intuition et l’esprit d’initiative à mes qualités typiques de chien de berger. J’aime obéir et apprendre. Je n’aime guère être « robotisé ». Ne me parler pas de dressage, mais m’éducation, car je ne suis pas un serviteur, mais un collaborateur. Je suis fidèle et dévoué… un peu roublard et c’est pour cela que j’apprécie le doigté bienveillant de Didier pour canaliser ma fougue. Je n’ai pas mon pareil pour exploiter tout relâchement et la moindre baisse de vigilance pour transgresser les interdits. Seul un véritable chef de meute peut tirer le meilleur parti de mon intelligence et de ma vivacité.

Un défaut ? Laissez-moi réfléchir… Je suis un aboyeur, je ne saurais le nier. Cela présente un avantage : personne ne peut longer la propriété ou la voiture en toute discrétion. C’est dans ma nature, mais rassurez-vous, grâce à mon éducation de pointe je domine mes envies.

Si je devais me définir ? Je dirais que je suis débrouillard, vif, intelligent, capable d’initiative et entièrement dévoué. Je suis très attentif, comme si j’avais des yeux derrière la tête. Il m’est extrêmement facile de deviner vos intentions et anticiper vos décisions et vos réactions. Je suis naturellement hypersensible. Entre Didier et moi, il existe une véritable complicité. J’obéis à un simple geste. C’est d’ailleurs de cette façon que les bergers se font obéir dans la montagne. Je ne supporte pas que l’on m’oublie ou d’être confiné seul. La présence de Didier m’est indispensable et on peut m’emmener partout. Autant vous le dire, mon éducation de chien d’assistance a été un vrai plaisir. Une bonne poigne me permet de canaliser mon énergie. Je reste cabochard et un peu de rudesse ne me nuit pas. Un peu masochiste ? Pourquoi pas ? Mais laissez-moi ce plaisir. Je suis à la fois bien éduqué et bien dans ma peau.

Mise au point

On me confond souvent avec le « Labrit ». C’est une erreur, mais une erreur qui s’explique. Labrit est le nom d’un chef-lieu de canton des Landres tout près de Mont-de-Marsan et il existe là-bas un chien qui me ressemble étrangement. Sauf qu’il est plus grand que moi et ce n’est pas un chien de montagne, mais de plaine. Aussi, lors d’une prochaine rencontre, de grâce, ne me dites pas : « Oh qu’il est beau le Labrit ! »

Si vous désirez en savoir davantage sur le Berger des Pyrénées, je suis tout disposé à partager mon expérience avec ceux qui le souhaitent. Il vous suffit de me contacter.